De son vrai nom James Dewitt Yancey, J Dilla, également connu sous le nom de Jay Dee, est un rappeur et producteur américain originaire de Detroit, dans le Michigan. Né le 7 février 1974, il grandit dans une famille passionnée de musique et développe très tôt une maîtrise du sampling et de la production. À la fin des années 1980, il commence à créer ses propres instrumentaux avant de se rapprocher de T3 et Baatin, avec lesquels il fonde le groupe Slum Village.
Au milieu des années 1990, le trio se fait remarquer dans la scène underground de Detroit grâce à ses productions soul, ses rythmiques déstructurées et son approche novatrice du sampling. L’album « Fantastic, Vol. 2 » (2000) contribue à leur reconnaissance internationale et installe Jay Dee parmi les producteurs les plus influents de sa génération. En parallèle, il travaille avec des artistes majeurs comme A Tribe Called Quest, The Pharcyde, De La Soul, Busta Rhymes et Common.
Au début des années 2000, il adopte définitivement le nom de J Dilla et poursuit une carrière solo avec « Welcome 2 Detroit » (2001), premier album publié sur son propre label, BBE. Il rejoint ensuite le collectif Soulquarians et participe à plusieurs projets marquants, notamment « Like Water for Chocolate » de Common. Son travail se distingue par une approche rythmique très personnelle, des samples soul et jazz minutieusement assemblés et une capacité à donner une dimension humaine à ses productions.
En 2006, alors qu’il souffre d’une maladie rare du sang, le purpura thrombocytopénique thrombotique, ainsi que d’un lupus, il publie « Donuts », son album instrumental le plus célèbre. Composé de courtes séquences musicales assemblées comme un collage sonore, le disque devient rapidement une référence majeure de la production hip-hop. J Dilla meurt le 10 février 2006, à Los Angeles, trois jours après son 32e anniversaire.
Après sa disparition, son influence ne cesse de grandir. Ses instrumentaux sont repris, samplés et étudiés par des générations de producteurs, tandis que plusieurs projets posthumes prolongent son héritage. Considéré comme l’un des architectes du hip-hop moderne, J Dilla laisse une empreinte majeure sur la production musicale contemporaine, bien au-delà de Detroit.


