Art by HEX
À Los Angeles, HEX défend une vision du graffiti qui dépasse la simple signature : ses peintures doivent porter un message. Son parcours personnel, marqué dès l’enfance par de graves problèmes de santé, occupe une place importante dans son récit. Il explique avoir souffert de plusieurs formes d’asthme chronique et avoir passé une partie de ses semaines sous assistance respiratoire à l’hôpital pour enfants, près de Fountain et Sunset. Après plusieurs opérations, son état aurait été suffisamment préoccupant pour que les médecins craignent pour sa vie.
HEX évoque ensuite un séjour dans les montagnes de Santa Rosalía, au Mexique, où il aurait bénéficié d’un traitement traditionnel contre l’asthme. Il mentionne une substance qu’il appelle « black sodium », sans que son témoignage permette d’en préciser la nature. Il rapporte également que plusieurs personnes seraient mortes durant cette période et que les habitants l’auraient associé aux malheurs qui touchaient le village. C’est dans ce contexte qu’il situe l’origine de son surnom, HEX, sans que les circonstances exactes puissent être clairement établies. Il affirme avoir finalement retrouvé la santé grâce à Dieu, avant de rentrer à Los Angeles. Faute de précisions supplémentaires, cet épisode reste difficile à reconstituer, mais il témoigne de la place qu’occupent la foi et la spiritualité dans son histoire personnelle.
À ses débuts, HEX cherche avant tout à faire connaître son nom. Mais en 1985, sa démarche prend une autre direction : ses peintures deviennent un moyen de dénoncer les violences faites aux enfants, la destruction des cultures et d’autres problèmes de société. Pour lui, le graffiti doit rester une voix, capable d’interpeller le public et de défendre des convictions.
Cette volonté de se distinguer se retrouve également dans sa pratique technique. Après avoir commencé avec les bombes qu’il pouvait trouver, HEX adopte exclusivement les peintures Krylon pendant une dizaine d’années. Il expérimente différentes façons de mélanger les couleurs directement dans les aérosols et de modifier les capuchons pour obtenir des traits plus fins. Il revendique ainsi la mise au point des HEX CAPS, des capuchons dont il affirme que le nom et l’usage se sont diffusés aux États-Unis comme en Europe. Ces recherches illustrent son intérêt pour les possibilités techniques du matériel et sa volonté de développer sa propre approche.
Dans sa conception du graffiti, la qualité prime sur la quantité. HEX préfère privilégier l’impact et le soin apporté à chaque réalisation plutôt que multiplier les pièces sans la même exigence.
Les trains occupent une place particulière dans son parcours. Il les considère comme de grandes toiles métalliques et estime que peu d’expériences peuvent égaler le fait d’y peindre. Cette fascination s’inscrit dans la tradition du graffiti new-yorkais, dont il cite plusieurs figures majeures parmi ses références : SKILL UTI, DEFER K2STN, DARE TWS, SEEN UA et PHASE2.
Au-delà de la peinture, HEX accorde une grande importance à la transmission. Au moment de l’entretien, il indique travailler depuis dix-huit ans comme enseignant et conseiller auprès de jeunes, notamment dans les centres de détention pour mineurs de Los Angeles. Il évoque également son expérience dans l’enseignement de matières artistiques et scientifiques auprès de milliers d’élèves. Son conseil est d’encourager les jeunes à sortir des sentiers battus, à vivre leurs propres expériences et à transformer leurs erreurs en occasions de créer.
Son parcours au sein des crews commence en 1983 avec MBR, pour Masters of Bomb and Rap. Il rejoint ensuite TGO, un sigle auquel il associe plusieurs significations au fil du temps : The Gifted Ones, Time Goes On, To God Only, puis The Greatest Obligation. Il mentionne également TGO Teamsters, témoignant de son attachement à ces collectifs.
À travers ses peintures, ses expérimentations techniques et son engagement auprès des jeunes, HEX présente le graffiti comme un moyen d’expression et de transmission. La foi occupe une place centrale dans son témoignage, notamment lorsqu’il évoque les difficultés de santé qu’il a traversées et les accidents vasculaires cérébraux qui l’ont conduit à plusieurs hospitalisations, dont un épisode ayant entraîné une paralysie partielle. Il insiste sur l’importance de continuer à avancer et de savoir pardonner. Il conclut son entretien par une bénédiction et des références bibliques, qui résument la dimension spirituelle de son approche.
