Art by IF ONE
Originaire de Brooklyn, à New York, IF ONE appartient à cette génération de writers pour qui le graffiti est avant tout une histoire de présence, de répétition et de reconnaissance dans la rue. Au fil des années, il a utilisé plusieurs blazes, avant de se fixer sur IF ONE lorsqu’il a commencé à peindre les trains. Dans cette culture où la visibilité se construit à force de signatures, il comprend vite l’importance de se concentrer sur un seul nom. À l’époque, personne ne signait « IF » : il décide donc de s’approprier ces lettres et d’y ajouter « ONE », en référence à First Street, d’où il venait.
Originaire de Brooklyn, à New York, IF ONE appartient à cette génération de writers pour qui le graffiti est avant tout une histoire de présence, de répétition et de reconnaissance dans la rue. Au fil des années, il a utilisé plusieurs blazes avant de se fixer sur IF ONE lorsqu’il a commencé à peindre les trains. Dans cette culture où la visibilité se construit à force de signatures, il comprend vite l’importance de se concentrer sur un seul nom. À l’époque, personne ne signait « IF » : il décide donc de s’approprier ces lettres et d’y ajouter « ONE », en référence à First Street, d’où il venait.
Pour IF ONE, le graffiti est une envie profondément ancrée en lui. Le but est simple : sortir, peindre et faire en sorte que son nom soit vu. Une approche directe, fidèle à l’esprit du writing new-yorkais, où la reconnaissance se gagne sur le terrain, au fil des sorties et des années de pratique. Son style, il le revendique sans détour : le style classique de New York City. Et son conseil aux graffeurs qui souhaitent progresser tient en quelques mots : persévérer, continuer à peindre et surtout développer sa propre identité.
Les trains occupent une place particulière dans son parcours. IF ONE a connu l’époque où les rames new-yorkaises circulaient encore couvertes de graffiti. Il se souvient d’un univers radicalement différent de celui d’aujourd’hui, qui a profondément marqué sa jeunesse. Une époque qu’il évoque avec nostalgie, tant elle représentait une part essentielle de sa vie. Il regrette également l’évolution des conditions de pratique à New York, entre l’effacement plus fréquent des graffitis, la pression policière et le durcissement des lois.
Autre lieu emblématique auquel il est particulièrement attaché : 5 Pointz, à Long Island City, dans le Queens. Véritable temple du graffiti new-yorkais, cet ancien complexe industriel était devenu un espace incontournable de la culture hip-hop, accueillant les œuvres de graffeurs venus du monde entier. IF ONE le considérait comme un endroit unique, offrant une liberté d’expression incomparable. Mais malgré la mobilisation des artistes et des défenseurs du site, 5 Pointz a été détruit en 2014 pour laisser place à un projet immobilier résidentiel. Sa disparition reste l’un des symboles marquants de la confrontation entre la culture graffiti et la transformation urbaine de New York.
Membre des Dirty White Boyz (DWB), IF ONE évolue également au sein de nombreuses autres crews, parmi lesquelles KOD, NSV, WOW, RTW et RSH. Un réseau de collectifs qui témoigne de son ancrage dans la culture graffiti new-yorkaise et de l’importance des crews dans cette scène.
Entre attachement à l’âge d’or du graffiti sur les trains, fidélité au style classique new-yorkais et volonté de continuer à faire vivre son nom dans les rues, IF ONE incarne une approche authentique du writing. Son message aux plus jeunes est finalement à l’image de sa pratique : « Continue à peindre, tu progresseras avec le temps. Fais-en quelque chose qui t’appartient. »
Il conclut l’entretien par un hommage à plusieurs graffeurs disparus — MR ICE, E-HOM, FATE et SEY — rappelant que derrière les signatures et les crews se trouve aussi une histoire humaine, faite de rencontres, de souvenirs et de liens qui perdurent.
