Art by ZETA
Originaire d’Alcorcón, dans la banlieue de Madrid, ZETA tombe dans le graffiti à seulement 14 ans, en 1985. Le dessin fait déjà partie de sa vie depuis l’enfance : il noircit ses cahiers et fréquente des cours de peinture, encouragé par ses parents. Mais c’est le graffiti qui va tout changer. Une nouvelle passion, une nouvelle façon de s’exprimer et surtout un moyen de rencontrer d’autres jeunes de sa ville. Une véritable addiction, comme il le reconnaît lui-même.
Son blaze, ZETA, puise son inspiration dans Mazinger Z, le célèbre anime japonais qui a marqué son adolescence et toute une génération en Espagne dans les années 1980.
À cette époque, le graffiti est encore en pleine émergence. À Alcorcón, les tags sont partout, mais les pièces restent rares. ZETA se souvient parfaitement de sa première réalisation, en 1985 : un moment gravé dans sa mémoire. Les conditions sont rudimentaires, les bombes souvent récupérées, parfois de petits aérosols Dupli. Les styles sont bruts, les couleurs chaotiques, mais tout reste à inventer. C’est justement cette spontanéité qui rend ces premières années si particulières à ses yeux. Le graffiti a alors quelque chose de magique : il n’existe pas encore de véritable modèle à suivre, chaque nouvelle pièce est une découverte.
Quarante ans plus tard, la passion est toujours là, même si le regard a changé. Pour ZETA, le meilleur moment reste celui où il se retrouve seul face au mur, entièrement absorbé par sa peinture, quand plus rien d’autre ne compte. C’est cette sensation qui le pousse encore à peindre. En revanche, il regrette les dérives d’une scène parfois dominée par la compétition, les egos, la recherche de notoriété et les rivalités.
Car, au fond, ZETA n’a jamais considéré le graffiti comme une course à la célébrité. Ce qui compte, c’est le plaisir de peindre, les expériences accumulées et le chemin parcouru. Une philosophie qu’il résume en une phrase : « L’objectif n’est pas la célébrité, la récompense, c’est le chemin. »
