Le RAP

Définition

Le rap est un genre musical et une forme d’expression vocale appartenant au mouvement culturel hip-hop. C’est un style de musique soutenant un chant aux paroles, improvisées ou non, scandées sur un rythme très martelé.

Le rap consiste le plus souvent à égrener des couplets rimés séparés par des refrains, accompagnés de rythmes (beat, scratching, sample). Aux premières heures, les MC’s, (master of ceremony) servaient juste à soutenir les DJ’s. Les parties rappées étaient simplement appelées MC-ing (emceeing). Le mot « rap » provient lui de l’anglais « to rap », verbe qui signifie « bavarder sur un fond rythmique » dans l’argot noir américain.

Du conteur au rappeur, du griot au journaliste social des temps modernes, le rap appartient à cette « culture de la rue » où est transmis un message, développée une conscience, ravivée une mémoire, diffusée une énergie. Ce qui signifie d’une part, que l’espace urbain représente un lieu d’apprentissage, de relations, d’interactions, de défis, d’émotions, d’autre part, que tous peuvent saisir cet art pour s’exprimer bien que sa maîtrise soit le fruit d’un long parcours d’autoformation individuelle et collective.

Rythmes

Les rythmes de la musique du rap sont très lents. Généralement, le tempo avoisine les 90-105 BPM (pulsations par minute). Le caractère syncopé marqué rappelant celui de certaines formes de funk, dont le rap des premiers temps était d’ailleurs fortement inspiré. Dans les années 60 et 70, James Brown jette certaines bases sur lesquelles sera fondée une partie du rap, une musique rythmée, un style de chant saccadé, parfois parlé ou crié et des textes véhiculant une forte identité et des revendications sociales ou politiques.

Instrumentation

L’instrumentation rap découle de la musique Funk, Disco et Soul, tant sur le plan de l’équipement sonore que des albums samplés. Alors que le mixage réalisé par les DJ’s disco et de clubs avait pour but de produire une musique continuelle avec des transitions discrètes entre les morceaux, celui réalisé par DJ Kool Herc a lui donné naissance à une pratique visant à isoler et à étendre les seuls breaks en les mélangeant entre eux avec deux copies du même morceau.

À l’origine, les breaks (ou breakbeats) étaient les transitions à l’intérieur d’un morceau, composées surtout de percussions. James Brown, Bob James et Parliament (parmi d’autres) ont longtemps été des sources populaires pour les breaks. Sur cette base rythmique, on pouvait ajouter des parties instrumentales provenant d’autres albums. L’instrumentation des premiers samples utilisés est la même que celle de la musique funk, disco ou rock : voix, guitare, basse, clavier, batterie et percussions.

Alors que l’originalité de la musique rap provenait principalement des breaks des albums du DJ, l’arrivée de la boite à rythmes (beat box ou drum machine) a permis aux musiciens du rap d’intégrer des fragments originaux à leur musique. Les sons de la boîte à rythme étaient joués soit par-dessus la musique produite par le DJ, soit seule. La qualité des séquences rythmiques est progressivement devenue centrale pour les musiciens de rap, car ces rythmes étaient la part la plus dansante de leur musique.

En conséquence, les boites à rythme ont rapidement été équipées pour produire des kicks (sons de grosse caisse) avec une basse puissante et sinusoïdale en arrière-plan. Cela a permis d’émuler les solos de batterie de vieux albums de Funk, de Soul et de Rock datant des années 60 et 70. Les boites à rythme avaient de plus un stock limité de sons prédéterminés incluant des cymbales, des grosses caisses, des caisses claires et des toms.

Dès 1985, Akaï met sur le marché les premiers samplers, le S 650 et le S900. Mais le véritable tournant se situe en 1987 avec l’apparition de la SP-1200, créée par la société E-MU Systems. C’est la première machine qui combine sampler et boîte à rythmes.