OST – Slam
« Slam », sorti le 13 octobre 1998, est une bande originale (OST), du film du même nom « Slam », composée de 19 titres.
« Slam » est l’une des bandes originales les plus authentiques et engagées du hip-hop underground de la fin des années 90. Sortie autour du film culte réalisé par Marc Levin, elle capture parfaitement l’univers du slam poetry, du spoken word et du rap conscient, à une époque où la poésie urbaine et le hip-hop restent profondément liés.
Le titre même du film, « Slam », fait directement référence aux compétitions de spoken word apparues dans les scènes underground américaines, où poètes et MCs utilisent la parole comme arme sociale, politique et émotionnelle. L’OST reflète naturellement cette culture : ici, le lyricisme et le message comptent autant que la musique.
L’album mélange Eastcoast hardcore, spoken word, rap conscient et soul alternative dans une ambiance dense, urbaine et profondément introspective. On y retrouve autant la brutalité du rap de rue que la dimension poétique et militante du slam.
Le morceau central reste « Sha-Clack-Clack » de Saul Williams, véritable performance spoken word où rage politique, spiritualité et poésie de rue fusionnent dans une intensité presque hypnotique. Saul Williams incarne parfaitement cette génération d’artistes capables de naviguer entre littérature, militantisme et culture hip-hop.
L’OST possède aussi une forte identité Eastcoast avec Mobb Deep sur « Feel My Gat Blow », morceau sombre et paranoïaque directement issu du Queensbridge sound. À l’opposé, Q-Tip apporte une touche plus jazzy et introspective avec « Hey », héritée de l’esprit Native Tongues.
La soundtrack mélange plusieurs visions du rap américain de 1998 : la puissance street de Big Pun sur « Sex, Money & Drugs » featuring Next, le Southern conscious rap de Goodie Mob avec « The World I Know » featuring Esthero, ou encore l’énergie hardcore du Flipmode Squad sur « Take A Walk In My Shoes ».
Le côté militant et conscient de l’album apparaît pleinement avec « D.O.P.E. (Drugs Oppress People Everyday) » de dead prez, morceau emblématique du rap révolutionnaire de la fin des années 90. Dans la même logique, « Ocean Within » de KRS-One et Saul Williams fusionne parfaitement philosophie hip-hop et spoken word.
L’OST contient également des morceaux plus expérimentaux et alternatifs comme « Galactic Funk » de DJ Spooky ou « I Can See » de Tekitha et Cappadonna, renforçant cette identité underground et artistique très éloignée des standards commerciaux de l’époque.
Musicalement, « Slam » représente une facette essentielle du hip-hop des années 90 : celle où le rap reste avant tout un moyen d’expression poétique, politique et culturel. Plus qu’une simple bande originale, l’OST agit comme une passerelle naturelle entre spoken word, poésie de rue et culture hip-hop underground.
Avec le temps, l’OST de « Slam » est devenue une référence culte pour les amateurs de conscious rap, de spoken word et de hip-hop alternatif. Elle reste l’un des témoignages les plus puissants de cette époque où poésie et rap parlaient encore exactement le même langage.
- Bonz Malone – Cake B
- Big Pun & Next – Sex, Money & Drugs
- Goodie Mob & Esthero – The World I Know
- Noreaga, Brown & Maze – Thug Poetry
- Black Rob – I Dare You
- Philly’s Most Wanted, Pras & The Product G&B – Ain’t No Stoppin’
- Momolu Stewart – Psychopath Nut
- Q-Tip – Hey
- Ol’ Dirty Bastard & Coolio – The Park
- dead prez – D.O.P.E. (Drugs Oppress People Everyday)
- Jerome Goldman – Why
- Mobb Deep – Feel My Gat Blow
- Tekitha & Cappadonna – I Can See
- Br& Nubian – Time Is Running Out
- Sonja Sohn – Run Free
- Flipmode Squad – Take a Walk in My Shoes
- KRS-One & Saul Williams – Ocean Within
- DJ Spooky – Galactic Funk
- Saul Williams – Sha-Clack-Clack
Des rues du Bronx aux studios hollywoodiens, le hip-hop s’est imposé comme une composante essentielle du cinéma américain, notamment à travers l’âge d’or des OST rap.
Découvre, de « Colors » à « 8 Mile », l’âge d’or des bandes originales hip hop.







