Fred again.., Travy & Elzzz – DID IT AGAIN
« DID IT AGAIN », sorti le 12 juin 2026, est un single collaboratif de Fred again.., Travy et Elzzz.

L’Electro rap est un courant du Hip-Hop construit autour des sonorités électroniques, des boîtes à rythmes et des synthétiseurs. Contrairement à l’idée d’une fusion apparue récemment entre rap et musique électronique, cette rencontre est en réalité présente dès les premières années du Hip-Hop. Dès le début des années 1980, les producteurs et DJ utilisent les nouvelles machines pour créer des rythmiques mécaniques, des basses synthétiques et des atmosphères futuristes qui vont profondément influencer l’évolution du rap.
L’Electro devient ainsi l’un des premiers terrains d’expérimentation du Hip-Hop, à une époque où les technologies musicales permettent de s’affranchir progressivement des contraintes du sampling traditionnel.
Le mouvement est particulièrement associé à New York, où des artistes comme Afrika Bambaataa & the Soulsonic Force jouent un rôle déterminant avec des titres comme Planet Rock. Le morceau devient emblématique de cette nouvelle esthétique en combinant rap, Funk, vocoder, rythmiques électroniques et sonorités futuristes.
D’autres figures comme Grandmaster Flash, Hashim ou Egyptian Lover participent également à cette évolution, chacun développant une approche différente de l’utilisation des boîtes à rythmes et des synthétiseurs.
Cette période est fondamentale car elle démontre que le Hip-Hop peut intégrer des technologies alors encore relativement nouvelles tout en conservant ses principes fondamentaux : le rythme, le DJing, le MCing et l’expérimentation.
L’Electro rap ne constitue donc pas simplement une rencontre entre deux genres distincts. Il fait partie des racines électroniques du Hip-Hop et va influencer durablement le rap, la Dance music et la musique électronique.
L’identité de l’Electro rap repose largement sur la production. Les boîtes à rythmes, les séquenceurs et les synthétiseurs permettent de créer des morceaux plus mécaniques et répétitifs que ceux construits autour de samples Soul ou Funk.
Les batteries électroniques occupent une place centrale, accompagnées de lignes de basse synthétiques, de claviers et d’effets vocaux. Les morceaux peuvent également intégrer des vocoders et des voix traitées, renforçant leur dimension futuriste.
Cette esthétique donne naissance à un Hip-Hop particulièrement différent des traditions qui vont ensuite dominer le rap new-yorkais ou Westcoast. Le son est souvent plus froid, plus minimaliste et davantage tourné vers la machine et le mouvement.
L’Electro rap entretient dès ses origines un rapport très fort avec l’imaginaire futuriste. Les technologies, l’espace, les robots, les machines et la science-fiction deviennent des références récurrentes.
Cette dimension est particulièrement visible dans l’univers d’Afrika Bambaataa et de la Zulu Nation, qui associe la musique à une vision plus large de la culture Hip-Hop. L’Electro permet alors d’imaginer un futur différent et de transformer les nouvelles technologies en outils de création.
Cette esthétique contribuera également à rapprocher le Hip-Hop d’autres cultures musicales émergentes, notamment la Dance, la Techno et la musique électronique européenne.
L’influence de l’Electro ne disparaît pas avec les années 1980. Ses sonorités vont progressivement se diffuser dans différents courants du Hip-Hop et de la musique électronique.
Le développement des synthétiseurs et de la production numérique permet ensuite aux producteurs de pousser beaucoup plus loin cette approche. Les frontières entre rap, Electro, House, Techno, Dance et musique expérimentale deviennent progressivement plus poreuses.
Cette évolution ouvre la voie à de nombreuses collaborations entre rappeurs et producteurs électroniques. Des artistes issus de la musique électronique comme Daft Punk, Justice ou Skrillex ont ainsi travaillé avec des artistes Hip-Hop ou intégré certains de ses codes dans leurs propres productions.
Il ne s’agit toutefois pas toujours d’Electro rap au sens strict. Le terme peut aujourd’hui désigner un ensemble assez large de productions dans lesquelles les sonorités électroniques occupent une place dominante.
L’Electro rap possède également une identité visuelle particulièrement forte. Son imaginaire futuriste s’est développé autour des néons, des machines, des jeux de lumière, de la science-fiction et de l’esthétique numérique.
Cette dimension accompagne naturellement les performances live, qui peuvent intégrer des projections, des jeux de lumières et des dispositifs audiovisuels importants. La musique devient alors une expérience autant sonore que visuelle.
Cette relation entre technologie et création explique pourquoi l’Electro rap a toujours entretenu des liens étroits avec les cultures DJ, Dance, club et numérique.
L’importance de l’Electro rap ne réside finalement pas uniquement dans le nombre d’artistes qui peuvent être directement classés dans ce courant. Son véritable impact se mesure à travers les nombreuses musiques qu’il a contribué à influencer.
Des premières expérimentations d’Afrika Bambaataa aux productions électroniques contemporaines, l’idée reste la même : utiliser les machines pour repousser les possibilités du Hip-Hop.
L’Electro rap est ainsi l’un des premiers exemples de la capacité du Hip-Hop à absorber les nouvelles technologies pour créer quelque chose de radicalement différent. Un courant fondé sur les machines, les rythmes électroniques et l’imaginaire futuriste, dont l’influence continue de se faire entendre bien au-delà du rap.