De son vrai nom Dominick Newton, The Jacka naît le 12 août 1977 à Pittsburg, dans la région de l’East Bay, en Californie. Il grandit entre plusieurs villes de la région, notamment Oakland, Richmond et Pittsburg, où il se rapproche de la culture hip-hop locale. Influencé par C-Bo, Mac Dre et Too $hort, il commence à rapper dès son adolescence. Il se convertit à l’islam et adopte le nom de Shaheed Akbar. Son pseudonyme The Jacka lui vient d’un surnom reçu durant une période d’incarcération.
À la fin des années 1990, il est repéré par le rappeur C-Bo, qui l’intègre au collectif Mob Figaz, aux côtés de Husalah, AP.9, Fed-X et Rydah J. Klyde. Le groupe apparaît d’abord sur « Ride Til We Die », extrait de l’album « Til My Casket Drops » de C-Bo (1998), avant de publier « C-Bo’s Mob Figaz » en 1999. Le projet rencontre un succès important dans la scène indépendante californienne et installe The Jacka comme l’une des voix prometteuses du rap de la Bay Area.
En 2001, il lance sa carrière solo avec « Jacka of the Mob Figaz », un album qu’il distribue en grande partie par ses propres moyens. Il confirme son indépendance artistique avec la création de The Artist Records et publie « The Jack Artist » en 2005. Son rap se distingue par une voix mélancolique, des refrains mélodiques et des textes introspectifs qui abordent la vie de rue, la spiritualité, la loyauté et les contradictions de son quotidien. Cette sensibilité particulière lui permet de se démarquer du gangsta rap traditionnel.
Au milieu des années 2000, The Jacka multiplie les projets collaboratifs. Il travaille régulièrement avec Husalah, notamment sur « Animal Planet » (2006), et participe aux différentes compilations Mob Figaz. Il s’associe également au producteur Ampichino au sein de Devilz Rejectz, avec l’album « Devilz Rejectz: 36 Zips » (2007). Sa collaboration avec Berner donne naissance à la série « Drought Season », tandis que ses projets avec AP.9 et Fed-X prolongent l’activité du collectif Mob Figaz.
En 2009, il publie « Tear Gas », considéré comme l’un des albums majeurs de sa carrière. Le disque rassemble de nombreuses collaborations, notamment avec Andre Nickatina, Devin the Dude, Paul Wall, Cormega et E-40. Le morceau « Glamorous Lifestyle » devient particulièrement populaire dans la Bay Area. Il poursuit avec « Broad Daylight » (2010), « Flight Risk » (2011), « The Verdict » (2012) et « The Appeal » (2013). En 2014, il sort « What Happened to the World », un album plus introspectif qui témoigne de son intérêt pour les questions sociales, politiques et spirituelles.
Le 2 février 2015, The Jacka est assassiné par balle dans le quartier d’East Oakland, à l’âge de 37 ans. Le meurtre, commis par un tireur non identifié, reste non résolu. Il laisse derrière lui une discographie particulièrement riche et une communauté d’artistes qu’il avait contribué à soutenir à travers The Artist Records. Plusieurs projets paraissent après sa disparition, notamment « Devilz Rejectz 3: American Horror Story » avec Ampichino en 2018.
The Jacka demeure l’une des figures les plus respectées du rap de la Bay Area. Son mélange de récits de rue, de mélancolie et de réflexion spirituelle a donné une dimension particulière à la Mob Music californienne. Son influence reste présente chez de nombreux artistes de la scène indépendante de Northern California.

